Communiqué de SUD Éducation Calvados et Solidaires

Un acte 2
de l’« autonomie » des universités ?

 

 

 

 

La Cour des Comptes a publié en octobre dernier un rapport intitulé « Les universités à l’horizon 2030 : plus de libertés, plus de responsabilités ». Avec un tel titre, on sent d’emblée que la lecture va être passionnante et toute en nuances… Ce document s’inscrit dans le prolongement d’un rapport portant sur la « stratégie de finances publiques pour la sortie de crise », remis au Président et au Premier ministre. Ayant pour mission de « s'assurer du bon emploi de l'argent public et d'en informer les citoyens », la Cour des Comptes est devenue un instrument de légitimation des politiques d'austérité, s’autorisant à faire des prescriptions sur l’organisation des universités.

 


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Déclaration de SUD Éducation Calvados et Solidaires

Violences hiérarchiques et petits arrangements :
lutter contre ces maux qui minent la démocratie et l’égalité à l’Université

 

 

 

 

Organisation atypique de la Fonction Publique d’État, l’Université en France est régie selon le principe de collégialité, c’est-à-dire du gouvernement par les pairs des activités pédagogiques et scientifiques. Cette spécificité tend à être remise en cause par les processus de centralisation et de managérialisation ayant suivi l’adoption de la mal nommée loi d’« autonomie » des Universités en 2007, concentrant le pouvoir de décision dans les mains de l’équipe dirigeante (et de son Président) et réduisant les capacités de délibération des composantes.

 

En dépit de ce virage vers une Université entrepreneuriale et managériale, nombre de collègues sont attaché.es à leur collectif de travail local et essaient de faire vivre au quotidien la démocratie dans l’organisation de leurs activités. Cela dit, la défense légitime de l’autonomie des composantes ne doit pas consister à fantasmer un retour nostalgique à un passé enchanté – qui n’a du reste jamais existé – ni à occulter les pratiques détestables actuelles qui alimentent précisément les discours contre la collégialité.

 

Au premier rang de ces relations de travail délétères figurent les brimades voire les violences hiérarchiques, s’appuyant sur les différenciations statutaires, entre enseignant.es (chercheur.es) et agent.es BIATSS, mais aussi entre titulaires et précaires, relations qui confinent parfois à la servitude et au mépris.

 


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Communiqué de SUD Éducation Calvados et Solidaires

Pas d’extrême droite sur nos campus, ni ailleurs !

 

 

 

 

Depuis quelques mois, l'Université de Caen Normandie connaît une recrudescence des marques de l’extrême droite (tags, autocollants et affiches) sur le campus 1. D’ordinaire plus discrète, la présence de ces militant.es se fait de plus en plus visible et menaçante. Nous avons reçu des témoignages d'étudiant.es ayant été victimes d'intimidations voire d’agressions alors qu’ils et elles collaient leurs propres affiches ou tentaient d’enlever ces marques réactionnaires. Cette situation n’est malheureusement pas nouvelle. Déjà l’année dernière, nous avions observé une multiplication des inscriptions inspirées du Groupe Union Défense (GUD), une association d’étudiant.es de l’extrême droite violente, habituée aux ratonnades et aux attaques du mouvement social dans les années 1970.

 

Dans un contexte où le « débat public » laisse toujours plus de place aux thématiques racistes et sécuritaires, il semble que certaines organisations étudiant.es se radicalisent elles aussi. Des affiches et des autocollants de l’Union Nationale Inter-universitaire (UNI), parfois accompagnés de symboles fascistes, sont de plus en plus fréquemment collés sur le campus 1, que ce soit sur les panneaux extérieurs et intérieurs ou sur les portes des locaux syndicaux des étudiant.es et du personnel. Pour rappel, l'UNI est une organisation créée à la suite de mai 68, sur des orientations réactionnaires et antisociales, qui a mené par le passé des actions violentes communes avec le GUD. Un temps lié.es aux Jeunes Républicains, certain.es de ses membres semblent aujourd'hui se tourner vers Zemmour, nouvelle coqueluche des nationalistes, réactionnaires, misogynes, racistes, etc. Leurs militant.es n’hésitent plus à diffuser maintenant des affiches et des autocollants reprenant les théories fantasmées de l’extrême droite sur l'« islamo-gauchisme » ou l’« ensauvagement » de la société.

 


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