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INFLUENCE DU GENRE DANS LES FINS DE CARRIERE DES ENSEIGNANTS

Intervention de Dominique Cau-Bareille (mars 2009)

Ergonome à l’Institut du travail de Lyon, Chercheuse Creap et CEE


L’approche de ce sujet se fera par l’ergonomie qui est une discipline qui s’intéresse au travail, à l’activité dans sa réalisation quotidienne ce qui nécessite de replacer l’être humain dans les autres sphères de vie, dans les rapports hiérarchiques, les ambiances …, et de faire une approche systémique (sphère au et hors travail).

L’activité enseignante nécessite de prendre en compte : la formation , le parcours professionnel, le rapport aux institutions, le rapport aux collègues, le rapport aux élèves, le rapport aux parents, les activités connexes, la santé personnel, la vie hors du travail …

La prise en compte du genre est récente en ergonomie. L’ergonome se centrait trop sur le travail et il y avait une absence de dialogue avec qui s’intéressent aux Femmes. Améliorer les conditions de travail, c’est améliorer la santé. Mais la santé correspond aussi à une construction individuelle dans un cadre social dont fait partie la charge de travail familial qui incombe classiquement aux femmes.

L’étude a principalement été réalisée sur les enseignantes du 1er degré.


Le métiers des enseignants est dit féminin, d’une pénibilité peu importante par rapport aux autres métiers en raison de la disponibilité temporelle importante. C’est un métier qui est réputé peu accaparant.

Mais c’est une méconnaissance du travail qui fait mal par l’invisibilité des tensions qui se jouent dans l’activité des femmes.

Y-a-t-il une problématique santé particulière chez ces femmes ? Bien qu’il y ait peu d’accidents du travail et peu de maladies professionnelles reconnues :
- les Troubles Musculo-Squelettiques sont très présents
- les problèmes circulatoires réels , à être toujours debout,
- les problèmes cardiaques
- les problèmes de peau, d’allergie (manipulation de la craie …)
- les problèmes de stress important li é à l’activité multifonctionnelle (elles parlent « d’épuisement » en fin de carrière)

Mais il y a invisibilité de ces problèmes de santé qui ne sont pas pris au sérieux. Or le cumul des contraintes d’exigence combinés pose un réel problème. De surcroît, il n’entraîne pas de dépenses sociales importantes ce qui provoque le désintéressement des préventeurs. Chacune gère seule ses problèmes de santé qui sont aggravés par un phénomène présentéïsme, soit un dévouement aux enfants qui va jusqu’au dépassement de leurs propres limites. Elles travaillent donc avec des douleurs et le sentiment d’être en mauvaise santé.

Leur présence masque le coût de l’activité. Chacun a un rapport subjectif à sa santé qui est un équilibre atteint ou à atteindre. De toute évidence, l’équilibre de plus en plus difficile à atteindre avec l’âge et le durcissement des conditions de travail.

Il faut y ajouter :

- une pénibilité physique  qui peut aller jusqu’à l’épuisement en raison de l’impossibilité de changer les conditions
- une fatigue nerveuse
- les effets de la ménopause

C’est alors que se met en place une stratégie d’équilibrage qui consiste à :
- limiter les activités hors travail professionnel en supprimant le sport par exemple,
- aménager le mode de vie en rééquilibrant les activités au sein du couple, en utilisant des aides, en modifiant ses activités personnelles.

Les hommes n’ont pas les mêmes problèmes de santé. Le travail des femmes est augmenté du travail hors activité professionnelle. La femme est écartelé entre le travail professionnel et le travail de la maison. A la sortie de l’école, elle se précipite chez elle, gère les enfants, les travaux ménagers… et ne reprend que tardivement ses préparations professionnelles. Impossibilité de couper les enfants sont aussi à la maison.
La sphère personnelle est une variable d’ajustement qui permet de gérer les objectifs et les exigences du métier.
« Les instituteurs ne sont pas les institutrices » Les enseignants finissent généralement leur travail en classe avant de rentrer chez eux .

Il s’avère que l’enseignement est inconciliable avec l’éducation des enfants, les grossesses sont souvent tardives, les cancers du sein sont en nombre anormalement élevé, le taux de suicide est élevé…

Et il faut y ajouter les traumatisme liés aux évènements différents :
- les rapports d’inspection qui crée le doute de l’efficacité. Les femmes vivent une souffrance et une détresse alors que les hommes quittent le métier et se suicident 7 fois moins que les femmes.
- les rapports aux élèves, aux parents qui peuvent être conflictuels.

La question du doute est toujours pressante dans cette profession mais elle est augmentée par les traumatismes et l’attente est différente quand il s’agit d’une enseignante.

L’objectif n’a pas été d’inventorier toute la problématique du travail des enseignants mais uniquement d’insister sur l’importance du genre dans les fins de carrière.


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