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URGENCE CLIMATIQUE : ON ENTRE DANS LE DUR !

Pour ne pas enterrer l'objectif des 2°C,enterrons les politiques
qui ne sont pas climato-compatibles

 

RÉSUMÉ

 

« il ne s’agit pas de faire de notre mieux, il s’agit de faire ce qui est requis »

 

Cette phrase de Winston Churchill n'a jamais été si appropriée qu'aujourd'hui en matière de lutte contre les dérèglements climatiques.

 

Marquées par la volonté de célébrer l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris et par l’élection de Donald Trump, les deux années qui ont succédé à la  COP21 ont substitué de l'indécision et de l'incertitude à un enthousiasme exagéré : de sérieuses menaces pèsent sur l’avenir et le contenu des politiques climatiques internationales et sur la possibilité de contenir le réchauffement climatique en deçà de 2 °C. Au désengagement des États et au transfert de la charge de l’action aux marchés et acteurs privés tels qu’énoncé lors de la COP22, nous en appelons au contraire à un urgent et nécessaire sursaut politique.

 

Un sursaut politique qui ne saurait se limiter à de nouveaux discours. Il ne suffit pas de dire « Make The Planet Great Again » ou prétendre porter le leadership climatique international pour être du bon côté de l'Histoire. Appeler la communauté internationale à se mobiliser contre le réchauffement climatique, comme le fera sans doute Emmanuel Macron à Bonn le mercredi 15 novembre, est très largement insuffisant quand, dans le même temps, la liste des décisions de son gouvernement qui ne sont pas climato-compatibles s'allonge de jour en jour. La France, suite à ses revirements en matière de transition énergétique, ne vient-elle pas d'être mise à l'index lors de la COP23 ?

 

Alors que les émissions mondiales de CO2 sont reparties à la hausse en 2007, la ligne de crête est étroite mais praticable. Il s’agit de trouver les voies juridiques, politiques, sociales pour empêcher des régressions aux effets irréversibles et faire en sorte, qu'enfin, après 25 ans de négociations climatiques internationales, les politiques menées soient à la hauteur des enjeux. Ce n'est pas l'objectif des 2°C (ou celui des 1,5°C) qu'il faut enterrer mais les décisions politiques et économiques qui nous en éloignent de manière irréversible. Des Paradise Papers aux révélations sur les pratiques des multinationales en matière de lobbying et d'extraction d'énergies fossiles, nous avons la confirmation que la main invisible des marchés n’est pas plus verte qu’elle n’est naturellement sociale ou juste.

 


Quelques-unes des voies à suivre :

  • la COP23 pourrait enfin reconnaître ce qui est désormais admis : contenir le réchauffement climatique en deçà des 2°C implique de ne pas exploiter 80 % des réserves d'énergies fossiles ;
  • la COP23 pourrait enfin instituer, comme vient de le proposer le Parlement européen, un cordon sanitaire entre les négociations et les lobbys liés aux énergies fossiles ;
  • la poursuite des investissements dans le secteur des énergies fossiles peut être stoppée en organisant une transition garantissant l’emploi et la justice sociale ;
  • les financements pour le climat pourraient être rapidement débloqués par l’introduction d’une véritable taxe sur les transactions financières au niveau européen et une lutte déterminée contre l’évasion fiscale, qui manque toujours cruellement ;
  • l’impact de la globalisation économique et financière sur le climat, les sociétés et la démocratie peut être infléchi en ne ratifiant pas de nouveaux accords (CETA, etc) et en revoyant les politiques commerciales internationales au nom de l’impératif climatique ;
  • la politique énergétique de l’UE (paquet énergie climat 2030 et Union de l’énergie), notoirement insuffisante, n’est pas une fatalité ;
  • l’abandon et la non-mise en œuvre de politiques climatiques ambitieuses devraient pouvoir être sanctionnés par le droit international ;
  • les décisions climaticides qui engagent la vie de millions de personnes pourraient être reconnues comme des crimes écologiques et jugées par une cour internationale.

 

De toute part s'élèvent des alertes sur l'urgence d'arrêter de tergiverser. On entre dans le dur : MakeThePlanetGreatAgain ou BusinesAsUsual, Emmanuel Macron et les autres chefs d'Etat doivent choisir.

 

 

CONTENU


p. 3: Résumé : « Il ne s’agit pas de faire de notre mieux, il s’agit de faire ce qui est requis »


p. 6 : Urgence climatique : faut-il enterrer l'objectif des 2°C ?


p. 10 : Les limites intrinsèques de l'Accord de Paris et de la gouvernance climatique


p. 12 : Crime climatique : le temps des sanctions est venu, y compris pour les « Etats voyous »


p. 14 : Du CETA à l'OMC en passant par la CNUCC, le commerce prime sur le climat !


p. 16 : Les dangers de la neutralité carbone et des émissions négatives


p. 18 : Emmanuel Macron : 6 mois à l'Elysée, 6 mois perdus pour le climat ?


p. 20 : Nouveau Rapport - Le poids écrasant des lobbys gaziers sur Bruxelles


p. 22 : Réforme du marché carbone européen : 200 milliards d'€ supplémentaires pour les pollueurs


p. 24 : Délinquants du climat = délinquants fiscaux ! Les mettre au pas pour financer le climat !


p. 26 : 1 million d'emplois climat : comment conjuguer climat et justice sociale ?


p. 28 : Pas un euro de plus pour les énergies du passé, fossiles ou fissiles

 

 

CONTACT


Maxime Combes : maxime.combes@gmail.com - +33 6 24 51 29 44 - Twitter : MaximCombes


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